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Le fret maritime : une pollution majeure, un défi d’ampleur

Le fret maritime : une pollution majeure, un défi d’ampleur

Environnement

Le fret maritime : une pollution majeure, un défi d’ampleur

La liste est longue de nuisances environnementales dues au transport maritime.

« Si le transport maritime était un pays, il se classerait parmi les dix plus grands émetteurs mondiaux » ont déclaré, en 2022, les gouvernements américain et norvégien, lors de la conférence mondiale pour le climat (COP27), intimant à l’Organisation maritime internationale de viser le « zéro carbone » d’ici 2050.

 

Saviez-vous que le fret maritime représente à lui seul plus de 80 % des échanges mondiaux en volume ? Autant dire que la problématique de son empreinte environnementale constitue un enjeu colossal, économique et financier. Car décarboner le secteur maritime implique d’agir sur toute la chaîne, de la construction des navires à leur utilisation. Actuellement, la flotte des gros navires marchands, vraquiers, porte-conteneurs, pétroliers, chimiquiers et gaziers, est responsable de 3 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

Mais le trafic maritime s’annonce à la hausse et les prévisions sont alarmantes : les émissions de gaz à effet pourraient atteindre 17 % en 2050.  

 

De multiples nuisances, en mer et à quai

Fortement émetteur de CO et de soufre, le fioul lourd est le carburant de prédilection des navires. Lors de sa combustion, il émet un cocktail de gaz à effet de serre : du CO, du méthane (CH) et du protoxyde d’azote (NO), responsables du réchauffement climatique. 

À la pollution de l’air, il faut ajouter les rejets d’eaux de ballast et les opérations de dégazage qui ont des effets dévastateurs sur l’écosystème marin, sur la faune comme sur la flore. Rejetées en mer, les eaux de ballast peuvent contenir des micro-organismes originaires d’autres zones géographiques de la planète, provoquant le développement d’espèces invasives dommageables à l’écosystème marin local. Certes, des règlementations assorties de sanctions ont vu le jour, diminuant ces pratiques qui restent néanmoins complexes à contrôler.

Chaque année, il y aurait aussi en moyenne 15 000 containers, mal arrimés, qui seraient perdus en mer, représentant un danger réel, le plus souvent non identifiables et non géolocalisables. 

Concernant les structures portuaires, la pollution émise par les navires à quai ne fait qu’augmenter la pollution des villes et ses conséquences sur la santé des riverains. Les infrastructures européennes sont désormais tenues de s’équiper de systèmes d’alimentation électrique à disposition des navires, leur permettant ainsi de couper leur moteur lorsqu’ils sont au port.

 

Quelles solutions pour réduire l’impact environnemental ?

Renouveler le parc mondial, comptant près de 100 000 navires, s’avère effectivement complexe et fort coûteux, d’autant plus que la durée moyenne de vie de ces bateaux est de vingt ans. 
En attendant la mise en place de solutions écologiques et pérennes, la première mesure à prendre serait, au moins, de réduire la vitesse des bateaux. En la diminuant de 12 nœuds à 10 nœuds, un pétrolier minimiserait de 30 % ses émissions.

La recherche de carburants de remplacement, écologiquement responsables, est bien engagée mais peine à constituer une alternative satisfaisante.
Même s’il permet une réduction de près de 99 % des émissions de particules fines et d’oxydes de soufre, ainsi que 85 % des oxydes d’azote et 25 % du CO, le gaz naturel liquéfié (GNL) n’est pas sans inconvénient. De fait, le méthane qui le compose est très fortement radiatif en cas de fuites, produisant un effet de serre rapide et intense. 
Les recherches s’orientent vers les biocarburants, comme le bio-méthanol, qui sont compatibles avec les moteurs existants, mais sont encore coûteux et en quantité limitée. Également à l’étude, les e-carburants, comme le e-méthanol ou le e-ammoniac, produits à partir d’électricité, qui ne sont pas encore développés à grande échelle.

Reste la navigation à voile, notamment en système hybride, des projets sont actuellement en cours de développement, tel Oceanbird ou en rotation effective pour Neoline et Canopée !

 

Revenir au mode de navigation d’antan serait-il finalement la solution d’un futur durable ?
Ou encore, faire le choix citoyen d’une consommation de produits locaux ? 

 

En savoir plus : Conférence des Nations Unies sur l’océan, Nice, 2025.

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