Réglementation
Publié le 23/04/2026
Réguler la publicité pour une consommation plus durable ?
Demandé par Gabriel Attal alors qu’il était premier ministre en juillet 2024, le rapport « Contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable » fut rendu public en octobre 2025. Pilotée par les inspections générales des Finances, de l’Environnement et du Développement durable, et des Affaires culturelles, l’étude dresse un diagnostic plutôt sévère à l’encontre de la publicité et émet un certain nombre de préconisations.
Dans notre contexte actuel de transition écologique et d’objectif zéro carbone en 2050, l’encadrement publicitaire est de plus en plus questionné. Pourquoi ?
Effets et méfaits des communications commerciales
De par leur nature, les messages véhiculés par les communications commerciales ont pour but de nous inciter à consommer davantage. Elles influencent également nos choix de consommation en valorisant une certaine vision de la société et des stéréotypes de bien-être, qui sont majoritairement éloignés d’une consommation responsable, respectueuse de l’environnement.
Concrètement, les secteurs de l’alimentation et de l’automobile cumulent 34 % des dépenses publicitaires annuelles en France. Ce sont les SUV qui font l’objet de 45 % des publicités automobiles à la télévision, alors que, même électriques, leur empreinte carbone reste plus élevée que celle des véhicules plus légers. Autre exemple, 57 % des publicités alimentaires aux heures de grande audience font la promotion de produits notés D ou E par le Nutri-Score.
En 2023, plus de 50 % des budgets publicitaires étaient investis dans le numérique, sachant que le temps d’écran moyen atteint 4 h 30 par jour en France. Ce choix est particulièrement porteur pour capter un maximum de consommateurs.
Le rapport « Contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable » confirme que les communications commerciales sont insuffisamment orientées vers une consommation responsable.
Quel plan d’actions pour encadrer et réguler les communications commerciales ?
Ce rapport délivre donc une dizaine de recommandations opérationnelles pour transformer le cadre de régulation de la publicité.
Il s’agirait d’interdire les publicités sur certains produits et services particulièrement polluants et dommageables pour l’environnement, comme les courts trajets en avion et les offres touristiques d’une durée de quelques jours, ainsi que les véhicules les plus émetteurs de CO2. Le rapport évoque la création d’une taxe sur la publicité dans le cas où celle-ci serait considérée incompatible avec l’objectif de sobriété visé actuellement.
Parmi les autres mesures préconisées, figurent, notamment :
- la définition d’une politique publique de régulation de la publicité placée sous l’autorité du Secrétariat général à la planification écologique ;
- le plafonnement du nombre de communications commerciales sur les grandes plateformes numériques ;
- l’harmonisation de la certification des labels et des allégations environnementales ;
- l’interdiction aux produits alimentaires de Nutri-Score D ou E d’être sur les présentoirs en caisse.
En conclusion, le rapport estime que la régulation des communications commerciales est une condition nécessaire pour la transition écologique. Même s’il va de soi qu’elle doit s’inscrire dans un cadre plus large de sobriété et d’évolution des modes de vie.
Des préconisations aux concrétisations, affaires à suivre !
Le saviez-vous ?
- 87 % des consommateurs jugent la pression publicitaire excessive
- 62 % se déclarent favorables à un encadrement plus strict
En savoir plus :
- FOCUS sur… Contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable
- Que dit le rapport inter-inspections "Contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable"
- Publicité : Un nouveau coup de semonce…

