Actus de l'auto
Publié le 22/06/2026
Une discrète histoire familiale française du déchet industriel
De l’huile noire aux enjeux de l’économie circulaire : l’histoire méconnue de l'entreprise familiale CHIMIREC.
Dans l’imaginaire collectif, les grandes sagas industrielles françaises évoquent souvent l’automobile, le luxe ou l’énergie. Plus rarement les déchets. Pourtant, depuis près de soixante-dix ans, une famille française a bâti, loin des projecteurs, l’un des principaux groupes indépendants de gestion des déchets industriels du pays : CHIMIREC.
Histoire d'une aventure entrepreneuriale discrète, mais structurante, dans un secteur devenu stratégique aujourd'hui.
Pierre Fixot, pionnier du recyclage
Dans la France des Trente Glorieuses, le parc automobile explose, et avec lui la production de déchets de garages.
En 1958 à Dugny, au nord de Paris, Pierre Fixot fonde une société spécialisée dans la collecte des huiles noires usagées issues des garages automobiles. Même si le secteur est encore peu, voire pas encadré, l’entreprise de Pierre Fixot se développe : l’activité, qui reste artisanale, est centrée sur la récupération et le regroupement des huiles usagées.
La loi française de 1975 sur l’élimination des déchets va marquer un tournant décisif.
La loi de 1975 sur les déchets
La loi n°75-633 du 15 juillet 1975 va poser trois principes majeurs :
- Le principe du pollueur-payeur : toute personne qui produit ou détient des déchets est responsable de leur élimination ou de leur traitement. Les coûts liés à la gestion des déchets doivent être supportés par leur producteur.
- La responsabilité du producteur ou détenteur de déchets : le producteur reste responsable de ses déchets jusqu'à leur élimination dans des conditions conformes à la réglementation. Il ne peut pas s'en décharger simplement en les abandonnant ou en les confiant à un tiers.
- La valorisation des déchets : la loi encourage la récupération des matériaux et de l'énergie contenus dans les déchets, notamment par le réemploi, le recyclage et la valorisation énergétique, afin de limiter le gaspillage des ressources.
Un décret de 1979 sur les huiles usagées complète cette loi : celles-ci deviennent des déchets industriels dangereux à traiter. Terminé les huiles usagées dans le tout à l'égout, dorénavant elles doivent être collectées, stockées correctement et remises à des filières agréées.
Entre temps, le fils de Pierre Fixot, Jean, a rejoint l'entreprise.
La deuxième génération : Jean Fixot
En 1978, Jean Fixot rejoint l’entreprise familiale dont il prendra la direction en 1984, et engage une transformation profonde du groupe. De collecteur d’huile uniquement, CHIMIREC devient collecteur de tout type de déchets dangereux.
Sous son impulsion, CHIMIREC adopte une stratégie de développement ambitieuse fondée sur deux axes : le maillage territorial et la croissance externe. Le groupe multiplie les implantations régionales, renforce ses capacités logistiques et développe progressivement de nouvelles filières de traitement.
Cette stratégie permet à CHIMIREC de devenir l’un des acteurs structurants du secteur en France, tout en conservant son indépendance.
Une croissance à contre-courant
Alors que le secteur des déchets industriels se consolide autour de grands opérateurs, CHIMIREC choisit de conserver une identité familiale et indépendante, tout en poursuivant son expansion.
Le groupe réalise plusieurs acquisitions successives et étend ses activités à des domaines complémentaires : collecte et regroupement de déchets, mais aussi valorisation et réemploi.
L’ouverture internationale
À partir de 2004, le groupe franchit une nouvelle étape avec ses premières implantations à l’étranger, notamment en Pologne. D’autres développements suivent au Canada, au Maroc, et en Turquie.
Cette internationalisation reste toutefois progressive et maîtrisée. CHIMIREC conserve un modèle de développement fondé sur la proximité et l'expertise, plutôt que sur une expansion massive.
Déposer un commentaireEntreprise familiale française née d’une activité locale, CHIMIREC exploite aujourd'hui plusieurs dizaines de sites en France et à l’étranger, et s’est progressivement imposé comme un acteur majeur de la gestion des déchets dangereux et non dangereux.

