Environnement
Publié le 11/05/2026
Le recyclage des friches industrielles peut-il sauver nos espaces naturels ?
Habitations, voiries, usines, commerces, la croissance de la population et le développement de l’activité économique nécessitent de nouveaux aménagements.
Comment répondre à ces besoins sans pour autant grignoter les forêts, les terres agricoles et plus généralement les espaces naturels propices à la biodiversité ?
Pour atteindre l’objectif national du Zéro Artificialisation Nette d’ici 2050, collectivités territoriales et acteurs privés vont devoir trouver des solutions.
Qu’entend-on par artificialisation ?
C’est une notion qui a été définie par la loi Climat et résilience de 2021. L’artificialisation des sols est "l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage."
Stop à la bétonisation
Chaque année en France, plus de 28 000 hectares d’espaces naturels disparaissent au profit de l’urbanisation*. Soit presque trois fois la surface de Paris. La bétonisation de terres non-bâties est multifactorielle : fiscalité avantageuse sur la construction de logements neufs, spéculation immobilière, coût élevé des opérations de rénovation du bâti existant…sans compter les aménagements qui accompagnent cet étalement urbain : routes, équipements, zones commerciales.
Mais la progression de l’artificialisation des sols a un coût écologique important. À l’Office Français de la Biodiversité, on s’inquiète de l’impact sur les écosystèmes naturels. Avec le recul des terres agricoles, des forêts et des espaces naturels, c’est la flore et la faune de notre pays qui sont menacées d’appauvrissement ou de disparition.
Et on oublie trop souvent les services rendus par ces zones non-bâties :
- Réduction des effets du réchauffement climatique par la séquestration du carbone
- Diminution des risques d’inondations. Un sol construit et imperméabilisé n’absorbe pas l’eau de pluie.
- Contribution à la qualité de l’air
- Réduction des îlots de chaleur urbains
- Surfaces disponibles pour la production alimentaire
- Ressources de combustibles et de matériaux
Les sols sont donc aussi précieux que l’air ou l’eau pour la préservation de l’environnement et de notre qualité de vie.
Recycler les friches, une solution pérenne
Le principal levier pour freiner l’étalement urbain ? Réaménager l’existant.
En 2021, un rapport de l’Assemblée nationale estimait le gisement issu de friches industrielles à 150 000 hectares. Un trésor foncier encore sous-exploité. Le recyclage des friches est donc un enjeu majeur pour préserver les sols. C’est le choix privilégié par CHIMIREC pour les nouvelles implantations du Groupe. À Aulnay-sous-Bois, le site d’exploitation et nouveau siège social a vu le jour sur la friche industrielle de l’ancienne usine du constructeur automobile PSA (cf image). C’est le cas également à Nangis. La rénovation d’un bâtiment existant a permis l’implantation de la nouvelle filiale d’Île-de-France sans artificialisation des sols.
Problème : la facture d’une réhabilitation peut souvent s’avérer bien plus élevée qu’une construction ex nihilo sur un terrain nu. De quoi faire hésiter nombre d’acteurs privés.
Racheter des entreprises issues du même secteur d’activité peut représenter une solution intéressante : en limitant les travaux d’aménagement, on réduit à la fois le coût de la rénovation et le coût écologique. Les filiales Aretzia (44), CHIMIREC Orée d’Anjou (49) et CHIMIREC CDS (28) se sont installées sur des sites déjà dédiés à la gestion des déchets. Ce qui a permis de réduire les matières premières nécessaires à la transformation de ces sites.
Imaginer les villes de demain
Quand les friches se réinventent, c’est le futur des villes que l’on construit. Certains tiers-lieux, par exemple, ont pris possession d’anciennes caves coopératives, manufactures ou chantiers navals.
La réhabilitation de bâtiments ouvre la voie à l’écoconstruction ou à une gestion plus responsable de l’énergie au cœur même d’anciens sites à l’abandon. Sur le site d’Aretzia, CHIMIREC a permis l’installation d’une ferme solaire de 16 000 panneaux qui alimente en énergie l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 5 000 habitants. Mise en service en septembre 2025 sur un terrain impropre à l’activité agricole, la centrale photovoltaïque du Bords-de-Loire permet ainsi de produire de l’énergie verte (10 mégawatts crête) sans impacter les sols, ni utiliser de surface agricole utile.
Le vocabulaire évolue aussi. On parle désormais "d’urbanisme circulaire" pour désigner le cercle vertueux induit par le recyclage de nos villes.
*Source ADEME
Que prévoit la loi ?
La loi « Climat et résilience » (2021) se construit en deux temps
- D’ici 2031, réduire de moitié le rythme de consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers
- D’ici 2050, poursuivre cette réduction jusqu'à atteindre le ZAN, “Zéro Artificialisation Nette” des sols
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