Valorisation
Publié le 23/06/2026
Les plastiques biodégradables : une solution à la pollution plastique ?
Le plastique est omniprésent dans nos vies et chaque année, nous en produisons environ 460 millions de tonnes (*) à l’échelle planétaire. Résistant, léger, peu coûteux… le plastique présente des qualités indéniables pour nombre d’usages. Le revers de la médaille, qui nous alarme aujourd’hui : une pollution environnementale colossale et des effets néfastes sur la santé humaine.
Et si nous remplacions le plastique traditionnel par du plastique biodégradable ?
Le plastique biodégradable : qu’est-ce que c’est ?
Le qualificatif « biodégradable » désigne un plastique qui est capable de se décomposer rapidement sous l’action de micro-organismes tels que les bactéries, les champignons ou encore les algues. Contrairement au plastique traditionnel qui persiste dans l’environnement pendant plusieurs centaines d’années, le plastique biodégradable se transforme en eau, dioxyde de carbone ou masse, sous l’action de ces micro-organismes. Il est assimilé par l’environnement sans le polluer.
Il existe plusieurs types de plastiques biodégradables qui peuvent être d’origine végétale (amidon de maïs, canne à sucre, pomme de terre) ou fossile. Un plastique pétro-sourcé peut être biodégradable grâce à une structure chimique spécifique.
Actuellement, les principales applications industrielles de plastiques biodégradables et compostables sont les sacs distribués dans les supermarchés (38 % de la consommation totale), le secteur de l’emballage (gobelets et récipients alimentaires, films, filets, mousses) ainsi que le secteur produisant des sacs plastiques pour la collecte et le compostage des déchets naturels.
Des critères à respecter
La norme NF EN 13432 définit précisément les critères auxquels doivent répondre les plastiques biodégradables, notamment, en termes de :
- composition : un taux maximal de concentration pour les substances volatiles, les métaux lourds, le fluor, l’azote, le phosphore, le magnésium ou le potassium ;
- biodégradabilité : le produit ou emballage est considéré biodégradable s’il s’est dégradé en composés organiques (CO2 et minéraux) à 90 % en moins de six mois ;
- désintégration : sous trois mois, la matière plastique doit être capable de se fragmenter suffisamment pour qu’un maximum de 10 % de sa masse initiale reste au-dessus d’un tamis de 2 mm ;
- qualité du compost final et d’écotoxicité : la présence du matériau d’emballage ne doit pas modifier la qualité du compost final ni présenter de danger pour l’environnement.
Les conditions de la biodégradation
Pour être rapide, le processus de dégradation requiert des conditions spécifiques comme le taux d’humidité, la concentration en micro-organismes, la température, la présence de déchets organiques…
Abandonné dans la nature, le plastique biodégradable ne trouvera pas forcément les conditions idoines et polluera l’environnement. C’est pourquoi, il doit être traité dans des installations de compostage industriel.
Alors, les plastiques biodégradables sont-ils une alternative d’avenir ?
Au registre des avantages, le recours aux plastiques biodégradables présente un impact environnemental minoré par rapport aux plastiques traditionnels. Il permet de réduire la quantité de déchets plastiques voués à l’enfouissement ou à l’incinération, responsable d’émissions de gaz à effet de serre. Leur processus de dégradation rapide limite la pollution des sols et des eaux. Et, dans le cas de plastiques biodégradables bio-sourcés, il évite l’utilisation d’énergies fossiles.
Mais ces avantages sont soumis à des conditions sine qua non :
- le traitement des plastiques biodégradables dans un processus de compostage industriel qui nécessite des installations dédiées ;
- le tri sélectif approprié qui est complexe à mettre en place car il faut pouvoir identifier les plastiques qui sont biodégradables.
En conséquence de quoi, même si les plastiques biodégradables représentent un modèle de production et de gestion en fin de vie plus respectueux de l’environnement, la priorité demeure la diminution du plastique à usage unique, le développement du réemploi et l’amélioration globale du recyclage.
Pour en savoir plus :
« Biodégradabilité des plastiques » par l’Institut de l’Océan Alliance Sorbonne Université :
https://www.youtube.com/watch?v=a24lVVFsxEM
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Le plastique en chiffres (*)81 % des produits fabriqués en plastique finissent en déchet en moins d’un an.
Parmi ces déchets :
- 9 % sont recyclés aujourd’hui dans le monde ;
- 20 % sont incinérés ;
- près de 50 % terminent dans des décharges ;
- plus de 20 % sont brûlés à l’air libre ou abandonnés dans la nature.
(*) Source : Conseil économique social et environnemental (CESE)

